Espace dédié à la facturation électronique · mise à jour Mai 2026
Fiducys
Fiducys
Expert-comptable · Paris
Pour aller plus loin par Fiducys

Le dossier complet.

Tout ce qu'il faut savoir sur la facturation électronique, structuré pour une lecture approfondie : cadre juridique, formats, écosystème en Y, cycle de vie, sanctions, glossaire, et plus encore.

16
chapitres
14
termes glossés
~25
min de lecture
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Pourquoi cette réforme ?

La facturation électronique n'est pas une initiative française isolée. Elle s'inscrit dans un mouvement international engagé depuis plus de vingt ans, et accéléré ces cinq dernières années en Europe.

Un mouvement mondial

Plusieurs pays d'Amérique latine (Chili, Argentine, Brésil, Pérou, Mexique) ont posé les bases dès le début des années 2000. L'Europe a emboîté le pas avec l'Italie, la Hongrie, le Portugal, l'Espagne, la Roumanie, la Slovaquie ou la Grèce. La France engage à son tour la généralisation à compter du 1er septembre 2026, avec une perspective d'extension probable au reste de l'Europe et aux continents africain et océanien d'ici 2030.

Un cadre européen qui se renforce

L'Union européenne avait déjà rendu obligatoire la facturation électronique pour les transactions entre entreprises et administrations publiques (BtoG) — c'est ce qui a donné naissance à Chorus Pro en France entre 2017 et 2020. La directive ViDA (« TVA à l'ère du digital »), adoptée le 14 avril 2025, étend désormais les obligations de facturation et de reporting électroniques à toutes les transactions BtoB intra-UE à l'horizon 2030.

À retenir
Une trajectoire européenne irréversible

La réforme française anticipe une exigence européenne plus large. S'y préparer dès aujourd'hui, c'est aussi s'aligner sur ce qui deviendra, d'ici quelques années, la norme pour toutes les transactions intra-UE.

Quatre objectifs structurants pour l'État

  • Simplifier les obligations déclaratives en matière de TVA, avec à terme le pré-remplissage automatique des déclarations.
  • Améliorer la lutte contre la fraude à la TVA — au bénéfice des entreprises de bonne foi.
  • Améliorer la connaissance de l'activité économique en temps réel pour mieux piloter les politiques publiques.
  • Renforcer la compétitivité des entreprises grâce aux gains de la dématérialisation et à l'allègement de la charge administrative.
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Les chiffres clés

L'ampleur de la réforme se mesure en milliards de factures, en milliards d'euros de TVA, en millions d'arbres préservés. Quelques ordres de grandeur pour situer l'enjeu.

M
d'assujettis à la TVA en France concernés par la réforme
2,5 Mds
de factures émises chaque année en France, dont seulement 3 % au format électronique aujourd'hui
20–25 Mds €
de pertes annuelles de TVA pour l'État français — fraude que la réforme vise à réduire
50 %
d'économies estimées par rapport au traitement papier d'une facture
30 %
de réduction du temps de traitement d'une facture en moyenne
11 M
d'arbres préservés et 3 Mt de CO₂ évités à l'échelle de la réforme
Aujourd'hui, près de 70 % des factures de TPE et PME circulent encore au format papier ou bureautique (Word, Excel). 27 % sont des PDF. Seules 3 % sont déjà au format électronique structuré. Le potentiel de transformation est immense.
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Qui est concerné ?

La règle est simple : tous les assujettis à la TVA établis en France sont concernés, qu'ils soient redevables ou non. Quelques exceptions limitées.

Sont concernés

Toutes les entités soumises à la TVA en France, personnes physiques ou morales, quelle que soit leur taille : grandes entreprises, ETI, PME, TPE, SCI, professions libérales et médicales, associations à objet commercial, holdings, artisans, micro-entrepreneurs (même en franchise de TVA).

Précision
Soumis en émission, soumis en réception

Certaines entités (professions libérales, professions médicales, SCI, SCP, artisans, associations à but lucratif…) ne sont pas soumises en émission pour leurs opérations exonérées. Elles restent toutefois soumises en réception dès le 1er septembre 2026, pour les factures de leurs fournisseurs.

Ne sont pas concernés

  • Les particuliers, par nature non assujettis à la TVA.
  • Les associations à but non lucratif, hors objet commercial.
  • Les entreprises non établies en France (BtoB international).
  • Certaines opérations exonérées spécifiques : santé (art. 261 à 261 E du CGI), enseignement, opérations bancaires, assurances, opérations immobilières et opérations relevant du secret défense.
Même les micro-entrepreneurs en franchise de TVA et les redevables bénéficiant du régime de la franchise en base sont concernés — notamment pour permettre à l'administration de contrôler les dépassements de seuils.
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Le calendrier détaillé

Deux dates structurent la réforme. La première s'applique à toutes les entreprises. La seconde s'échelonne selon la taille.

Réception · 1er septembre 2026

À cette date, toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques de leurs fournisseurs grandes entreprises (EDF, Orange, OVH…) sur une plateforme agréée (PA) préalablement choisie.

Émission · 1er septembre 2026 & 2027

L'obligation d'émettre des factures électroniques s'applique progressivement selon la catégorie d'entreprise.

Catégorie
Réception
Émission
Grandes entreprises (GE)> 5 000 personnes ou CA > 1,5 Md€
01.09.2026
01.09.2026
Entreprises de taille intermédiaire (ETI)< 5 000 personnes, CA < 1,5 Md€
01.09.2026
01.09.2026
PME & TPE< 250 personnes, CA < 50 M€
01.09.2026
01.09.2027
Micro-entreprisesY compris en franchise de TVA
01.09.2026
01.09.2027
Comment est appréciée votre catégorie ?
Au niveau de chaque personne juridique, au 1er janvier 2025

La catégorie est appréciée au niveau de chaque personne juridique au 1er janvier 2025, sur la base du dernier exercice clos avant cette date — ou, en l'absence d'un tel exercice, sur celle du premier exercice clos à compter de cette date.

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Le cadre juridique

La facture électronique n'est pas un sujet nouveau. C'est la facturation électronique généralisée et obligatoire qui l'est. Petit retour sur l'évolution du droit.

De la liberté à l'obligation

Jusqu'à présent, la production d'une facture entre professionnels était obligatoire — y compris ses mentions — mais sa forme et son mode de transmission restaient libres : papier manuscrit ou imprimé, électronique non structuré (Word, Excel, PDF, JPEG) ou structuré, transmission par courrier, mail, fax ou EDI.

À compter du 1er septembre 2026, et selon le calendrier précédent, ce régime libre devient un régime contraint : le format électronique structuré devient obligatoire (selon trois normes du socle), et le mode de transmission passe nécessairement par une plateforme agréée.

Les principaux textes à connaître

2014
Ordonnance du 26 juin 2014 — facturation électronique obligatoire pour les fournisseurs du secteur public, mise en œuvre par étapes via Chorus Pro entre 2017 et 2020.
2022
Loi de finances rectificative n° 2022-1157 du 16 août 2022 — premier calendrier de généralisation de la facturation électronique entre entreprises.
2023
Communiqué de presse du 28 juillet 2023 et amendement du 17 octobre 2023 reportant l'entrée en vigueur et précisant les obligations pour PME, TPE et microentreprises au 1er septembre 2027.
2024
Communiqué de presse du 15 octobre 2024 redéfinissant le périmètre du Portail Public de Facturation (PPF).
01.09.2026
Démarrage effectif de la réception obligatoire et de l'émission pour les grandes entreprises et ETI.
01.09.2027
Démarrage de l'émission obligatoire pour les PME, TPE et micro-entreprises.

Les articles du CGI à retenir

Plusieurs articles du Code général des impôts encadrent la facturation électronique. Sans entrer dans le détail, citons l'article 289 bis qui institue le nouveau régime, l'article 242 nonies E sur le rôle des plateformes agréées, l'article 242 nonies G sur la conservation des factures, et l'article 289 V qui pose les trois principes fondamentaux : authenticité de l'origine, intégrité du contenu, lisibilité.

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Les formats du socle

Trois formats sont reconnus pour la facturation électronique entre assujettis en France. Ils reposent sur la norme européenne EN 16931.

Une facture PDF classique envoyée par mail, un document Word ou un JPEG : tous ces formats ne seront plus conformes. Pour être valides, vos factures devront être structurées selon l'un des trois formats normés ci-dessous.

Factur-X
Hybride PDF + XML

Format franco-allemand qui combine un PDF lisible à l'œil humain et un fichier XML pour l'automatisation. Idéal pour les TPE et PME. Cinq profils de données pour s'adapter aux capacités de chaque entreprise.

UBL
XML structuré

Universal Business Language — standard XML international très utilisé pour les échanges entre administrations et grandes entreprises.

CII
XML structuré

Cross Industry Invoice — standard XML développé par l'UN/CEFACT, autre format conforme à la norme européenne EN 16931.

Focus sur Factur-X, le format recommandé pour les TPE/PME

Le format Factur-X est particulièrement pertinent pour les petites et moyennes structures. Il se présente comme un fichier PDF/A-3 classique — donc lisible avec n'importe quel ordinateur — qui contient en plus un fichier XML embarqué portant les données structurées de la facture. Une seule facture, un seul fichier, deux usages.

Les 5 profils Factur-X
Du minimum à l'extended, selon vos besoins

Factur-X propose cinq profils : MINIMUM (données de base), BASIC WL, BASIC, COMFORT EN 16931 (le plus utilisé pour la conformité complète au 1er septembre 2026), et EXTENDED pour les besoins d'automatisation poussée. Votre logiciel ou votre PA gère le profil pour vous.

Pour être pleinement conforme et bénéficier de l'exonération de la PAF (Piste d'Audit Fiable), votre fichier Factur-X doit être scellé électroniquement par votre PA — c'est le rôle naturel de votre plateforme agréée.

L'EDI fiscal, utilisé par les grandes entreprises, restera possible — mais il nécessite des investissements logiciels lourds et des accords bilatéraux entre émetteurs et récepteurs. Il est peu adapté aux TPE et PME.
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L'écosystème : le schéma en Y

La réforme repose sur une architecture appelée « schéma en Y ». Voici qui sont les acteurs et comment ils communiquent entre eux.

Le principe : chaque entreprise choisit librement sa plateforme agréée (PA). Les factures circulent de PA à PA entre l'émetteur et le destinataire. Les données de facturation sont remontées en parallèle au Portail Public de Facturation (PPF), qui les communique à l'administration fiscale.

Les acteurs du schéma

PA · Plateforme Agréée
Anciennement appelée PDP (Plateforme de Dématérialisation Partenaire)

Acteur du secteur privé, immatriculé par l'administration fiscale (immatriculation valable 3 ans). Service payant. Certifications obligatoires (ISO/IEC 27001 et SecNumCloud). Rôles : échange de factures entre entreprises (e-invoicing), déclaration des transactions à la DGFiP (e-reporting), gestion du cycle de vie, interrogation et mise à jour de l'annuaire.

PPF · Portail Public de Facturation
Opéré par l'AIFE, gratuit

Concentrateur des flux déclaratifs des transactions à destination de la DGFiP. Administre et met à jour l'annuaire centralisé. Plateforme d'échange du cycle de vie. Vient en complément de Chorus Pro, qui reste utilisé pour les transactions avec le secteur public (BtoG).

OD / SC · Opérateur de Dématérialisation / Solution Compatible
Tout acteur logiciel non immatriculé

Il s'agit notamment des éditeurs de logiciels de comptabilité, de facturation ou de caisse. Ils ne peuvent pas distribuer directement les factures — c'est l'apanage des PA — mais ils peuvent émettre ou recevoir indirectement via une PA, et transmettre des données de transaction. S'ils sont conformes et interopérables avec au moins une PA, ils peuvent afficher la mention « Solution Compatible ».

Chorus Pro
Le portail dédié au secteur public (BtoG)

Reste en vigueur pour les transactions entre entreprises et entités publiques (État, collectivités, hôpitaux…). Deux circuits possibles coexistent désormais : passage direct par Chorus Pro, ou passage par une PA qui transmet ensuite à Chorus Pro.

L'interopérabilité : connectez-vous une fois, atteignez tout le monde

Le système repose sur un principe central : l'interopérabilité entre PA. Concrètement, vous vous connectez à une seule plateforme et vous êtes en mesure d'émettre vers tous les destinataires, ou de recevoir de tous les expéditeurs — quelle que soit la PA qu'ils utilisent eux-mêmes. Le réseau européen Peppol, déjà déployé dans 78 pays, fournit une partie de l'infrastructure technique.

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L'annuaire centralisé

Pour qu'une PA sache où envoyer une facture, elle a besoin d'un annuaire qui répertorie tous les destinataires possibles et leur plateforme de réception. C'est la mission de l'annuaire centralisé.

L'annuaire réunit toutes les structures possédant un SIREN et identifiées à la TVA par la DGFiP. Il est administré et mis à jour par l'AIFE, à partir des données transmises par chaque PA. Il est structuré en trois grandes catégories de données : identification de l'entreprise (pour l'adressage), identification de la PA choisie en réception, et données de gestion complémentaires pour les échanges BtoG.

Plusieurs adresses de réception possibles

Une même entreprise peut, si elle le souhaite, déclarer plusieurs adresses de réception dans l'annuaire — par exemple pour différencier ses établissements ou ses services internes. Chaque adresse pointe vers une PA désignée.

  • SIREN — l'adresse principale, valable pour toute l'entreprise.
  • SIREN_SIRET — pour différencier un établissement.
  • SIREN_SIRET_CODEROUTAGE — pour acheminer vers un service précis.
  • SIREN_SUFFIXE — pour des suffixes personnalisés.

L'inscription dans l'annuaire

Pour figurer dans l'annuaire, vous devez avoir choisi votre PA en réception et formellement signé un opt-in. Le formulaire d'opt-in est mis en place par la DGFiP depuis mai 2025. Il doit être signé par le représentant légal de l'entreprise et constitue un document indépendant (séparé du contrat commercial avec la PA, des CGV…).

Vous pouvez nous déléguer cette inscription
Mandat de délégation de signature

L'administration fiscale autorise les experts-comptables à prendre en charge l'inscription de leurs clients dans l'annuaire centralisé, via un mandat de délégation. Chez Fiducys, c'est l'une des étapes que nous proposons systématiquement à nos clients pour sécuriser le processus.

En pratique, le processus comprend quatre étapes : nous vous informons que nous pouvons prendre en charge votre inscription, nous faisons signer un avenant à la lettre de mission principale, nous vous faisons signer le mandat de délégation de signature, puis nous adressons l'accord formel à la PA choisie (mono-SIREN ou multi-SIREN selon vos besoins). La PA inscrit ensuite votre entreprise dans l'annuaire.

Vous pouvez signer le mandat dès aujourd'hui et activer plus tard : cela vous permet de prendre une longueur d'avance sans démarrer immédiatement le service.
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Le cycle de vie d'une facture

Une facture électronique vit selon une séquence de statuts. Quatre sont obligatoires et transmis à l'administration. Dix autres existent — cinq « recommandés », cinq « libres » — pour enrichir le suivi côté entreprise.

Les 4 statuts obligatoires

Ces quatre statuts doivent obligatoirement être complétés dans le cycle de vie de chaque facture et transmis à l'administration.

Dépôt
La facture a été acceptée par la plateforme de l'émetteur. C'est le point de départ du cycle.
Rejet
La facture n'a pas été acceptée par la plateforme (de l'émetteur ou du destinataire) — formats non conformes ou contrôles non passés.
Refus
La facture a été refusée par le destinataire : erreur de destinataire, erreur sur la facture, désaccord commercial…
Encaissée
La facture est payée. Ce statut comprend les données de paiement (date et montant). Mis à jour par l'émetteur pour les prestations de services.

Qui met à jour quoi ?

  • Les plateformes (PA et PPF) mettent à jour les statuts de « dépôt » et de « rejet ».
  • Le destinataire met à jour, le cas échéant, les statuts de « rejet » (côté réception) et de « refus ».
  • L'émetteur met à jour le statut « encaissée » pour les prestations de services.
Au-delà des 4 statuts obligatoires, il existe 10 autres statuts encadrés par la norme AFNOR XP Z12-014. Cinq sont « recommandés » pour fluidifier le dialogue commercial (mise en paiement, suspension de paiement…), cinq sont « libres ». Aucun de ces 10 statuts supplémentaires n'est transmis à l'administration fiscale.

Cas d'usage spécifiques

L'AFNOR a recensé 44 cas d'usage particuliers dans le cycle de vie : avances de frais d'un collaborateur, factures d'acompte, autofacturation, sous-traitance, opérations en devise étrangère, livraisons partielles, avoirs, retenues de garantie, refacturation à un tiers… Pour chaque situation, un schéma précis encadre les flux entre PA. Votre expert-comptable Fiducys vous oriente sur les cas qui vous concernent.

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e-invoicing & e-reporting

Deux notions à ne pas confondre. L'e-invoicing concerne les factures elles-mêmes. L'e-reporting concerne les données de transactions transmises à l'administration en parallèle.

e-invoicing

Transactions entre 2 assujettis à la TVA établis en France

  • Facture obligatoirement dans l'un des 3 formats du socle (UBL, CII, Factur-X)
  • Transmission via les plateformes agréées (PA)
  • Suivi du cycle de vie : mise à jour des statuts
  • Transmission à la DGFiP des données de facturation et de paiement sous 24 h
  • Fréquence : à la facture
e-reporting

Transactions avec un non-assujetti (BtoC) ou un BtoB international

  • Format de facture libre — la facturation électronique n'est pas obligatoire
  • Transmission des factures et tickets de caisse libre
  • Transmission à la DGFiP de données agrégées par jour (BtoC) ou à la facture (BtoB international)
  • Données de paiement à transmettre également (pour les prestations sans option TVA sur les débits)
  • Fréquence : décade, mensuelle ou bimensuelle selon votre régime
À noter
Vous êtes presque tous concernés par les deux

Une entreprise française qui vend à des entreprises françaises (e-invoicing) et à des particuliers ou à l'étranger (e-reporting) doit gérer les deux flux. C'est le cas de la plupart des activités : un restaurant facture des entreprises (e-invoicing) et accueille aussi des particuliers (e-reporting).

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Délais de transmission

Les délais de transmission des données à l'administration varient selon votre régime de TVA. Voici les principales règles à connaître.

Données de facturation (e-invoicing)

Pour les transactions entre assujettis en France, les données de facturation sont transmises à la DGFiP sous 24 heures après le dépôt de la facture sur la plateforme. C'est rapide — heures chrono.

Données de transactions (e-reporting)

Les délais varient selon votre régime de TVA. Quatre cas principaux :

Régime TVA
Période
Date de dépôt
Régime réel normal mensuel
Décade 1 (1–10), 2 (11–20), 3 (21–31)
10, 20 et 30 du mois
Régime réel normal trimestriel< 4 000 € de TVA / an
Mensuelle
10 du mois suivant
Régime simplifié d'imposition TVA
Mensuelle
25–30 du mois suivant
Franchise en base de TVA
Bimestrielle
25–30 du mois suivant

Données de paiement

Pour les prestations de services qui n'ont pas opté pour la TVA sur les débits, les données de paiement doivent également être transmises : fréquence mensuelle pour les régimes réels, mensuelle ou bimestrielle pour les régimes simplifiés et la franchise en base.

Pas d'inquiétude : votre PA et votre logiciel de comptabilité gèrent automatiquement ces dépôts. Votre rôle est de vous assurer que vos données sont à jour et exactes.
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Scellement, archivage & authentification

Trois exigences techniques garantissent la valeur juridique de vos factures électroniques : leur authenticité, leur intégrité, leur lisibilité — pendant toute la durée de conservation.

Le scellement

Pour garantir l'intégrité du contenu et l'authenticité de l'origine, les factures électroniques sont scellées par votre plateforme agréée. Le scellement est l'équivalent numérique d'un cachet de cire : il permet de prouver que la facture n'a pas été modifiée depuis son émission.

L'archivage : 10 ans, conformément au Code de commerce

Les documents comptables doivent être conservés pendant dix ans, en application de l'article L. 123-22 du Code de commerce. Les factures électroniques n'échappent pas à cette règle : elles doivent rester accessibles, lisibles, intègres pendant toute cette période.

Concrètement, deux options s'offrent à vous :

  • Confier l'archivage à votre plateforme agréée, qui propose souvent ce service en complément.
  • Mettre en place votre propre Système d'Archivage Électronique (SAE), à condition qu'il garantisse les trois principes — authenticité, intégrité, lisibilité.

L'authentification : niveau substantiel requis

Pour accéder à votre PA, vous devrez utiliser un système d'authentification de niveau substantiel. Concrètement, cela signifie une double authentification (deux facteurs, dont un dynamique — un code reçu par SMS ou généré par une application, par exemple). Une période transitoire autorise des dispositifs équivalents jusqu'au 31 décembre 2027, à condition qu'ils garantissent la vérification fiable de l'identité de l'utilisateur et de sa qualité de représentant ou mandataire.

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Sanctions en cas de non-conformité

La réforme prévoit des sanctions financières — modérées à l'unité, mais plafonnées à plusieurs dizaines de milliers d'euros par an. À cela s'ajoutent des conséquences fiscales lourdes pour l'acheteur.

Pour l'assujetti

  • 50 € par facture non conforme, dans la limite de 15 000 € par an (art. 1737-III du CGI).
  • 500 € par transmission de données de transactions manquante, dans la limite de 15 000 € par an (art. 1788 D I et II du CGI).
  • 500 € à la première constatation de non-inscription à une PA, puis 1 000 € tous les 3 mois tant que la situation perdure (art. 1731-IV bis du CGI).

Conséquences comptables et fiscales

La sanction la plus dissuasive n'est pas la pénalité elle-même mais la non-déductibilité de la TVA pour l'acheteur qui aurait accepté une facture non conforme. Concrètement : si votre fournisseur vous adresse une facture qui n'est pas dans le format réglementaire, vous perdez le droit de déduire la TVA correspondante. C'est une incitation forte pour refuser systématiquement les factures non conformes.

Pour les plateformes elles-mêmes, les sanctions sont plus lourdes : 50 € par facture non conforme dans la limite de 45 000 €/an, 750 € par transmission manquante dans la limite de 100 000 €/an, et risque de perte d'agrément.
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Choisir sa plateforme agréée

Toutes les PA délivrent un service minimum identique. Mais elles se différencient sur leurs services à valeur ajoutée, leur prix, leur interopérabilité avec vos outils. Voici les critères qui comptent.

Le service minimum de toute PA

  • Émission, transmission et réception des factures électroniques (e-invoicing)
  • Transmission des données de transactions à la DGFiP (e-reporting)
  • Gestion du cycle de vie de la facture (statuts)
  • Interrogation et mise à jour de l'annuaire centralisé
  • Authentification sécurisée (niveau substantiel)

Les services à valeur ajoutée

Au-delà du minimum, chaque PA développe ses spécialités. Quelques exemples de services qui peuvent vous intéresser :

  • Formats supplémentaires : par-delà UBL, CII et Factur-X, certaines PA acceptent EDIFACT ou des formats sectoriels.
  • Gestion des factures hors périmètre : BtoB international, BtoB hors champs, voire BtoC durant la transition.
  • Océrisation des PDF non structurés pour les besoins du e-reporting (BtoB international, BtoC).
  • Contrôles métier automatisables (cohérence comptable, validation des SIREN, des taux de TVA…).
  • Paiement intégré des factures fournisseurs depuis la PA.
  • Relance, recouvrement, rapprochement automatisés des paiements.
  • Gestion intégrée des processus achats et ventes.
  • Archivage légal sur 10 ans.

Les critères de choix

  • L'interopérabilité avec vos outils actuels (logiciel de facturation, comptabilité, caisse).
  • L'adéquation sectorielle : certaines PA sont spécialisées (immobilier, grande distribution, BTP, garagistes, affacturage, expertise comptable…).
  • La qualité du support et de l'accompagnement utilisateur.
  • La tarification : prix par facture, abonnement mensuel, facturation à l'utilisateur — comparez 2 ou 3 offres.
  • La portabilité : garantie de pouvoir changer de PA sans perdre vos données.
  • La solidité technique : certifications ISO/IEC 27001 et SecNumCloud.
Le choix de la PA est une décision structurante. Chez Fiducys, nous accompagnons systématiquement nos clients dans cette étape — nous connaissons les acteurs, leurs forces et leurs limites, et nous savons quelle PA correspondra le mieux à votre activité.
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Glossaire des termes essentiels

Pour décrypter le vocabulaire de la réforme. À garder sous la main pour relire un mail de votre éditeur ou comprendre une option de votre PA.

PAPlateforme Agréée
Plateforme privée immatriculée par l'administration fiscale, autorisée à transmettre des factures électroniques entre entreprises et à déclarer les données associées à la DGFiP. Anciennement appelée PDP (Plateforme de Dématérialisation Partenaire).
PPFPortail Public de Facturation
Portail public, opéré par l'AIFE, gratuit. Concentrateur des flux de données vers la DGFiP, gestionnaire de l'annuaire centralisé.
OD / SCOpérateur de Dématérialisation
Tout acteur logiciel non immatriculé travaillant sur les données de facturation (éditeurs de logiciels de comptabilité, de facturation, de caisse…). Ne peut pas distribuer directement les factures : doit s'interfacer avec une PA. La mention SC (Solution Compatible) peut être affichée si l'outil est conforme et interopérable avec au moins une PA.
e-invoicingFacturation électronique
Transmission des factures elles-mêmes entre entreprises, dans un format normé, via une PA. Concerne les transactions entre deux assujettis à la TVA établis en France.
e-reportingTransmission de données
Transmission à l'administration fiscale des données relatives aux transactions hors périmètre e-invoicing : ventes BtoC, ventes BtoB internationales, données de paiement.
Factur-XFormat hybride
Format « hybride » combinant un PDF (lisible à l'œil humain) et un fichier XML structuré (pour l'automatisation). Standard franco-allemand, dernière version 1.0.07 / ZUGFeRD 2.3 publiée le 15 mai 2025. Format recommandé pour les TPE et PME.
UBL & CIIFormats XML structurés
Deux autres formats du socle, purement XML. UBL (Universal Business Language) et CII (Cross Industry Invoice). Conformes à la norme européenne EN 16931. Plutôt utilisés par les grandes entreprises et les administrations.
EN 16931Norme européenne
Norme sémantique européenne (CEN) pour les factures électroniques structurées, publiée le 28 juin 2017. Définit 164 données. Implémentée en XML (UBL et UN/CEFACT SCRDM CII XML).
AnnuaireAnnuaire centralisé
Répertoire administré par l'AIFE qui réunit tous les SIREN identifiés à la TVA, avec leur PA de réception désignée. Outil référent pour adresser correctement les factures.
Opt-inFormulaire de choix de PA
Formulaire signé par le représentant légal de l'entreprise, désignant sa PA en réception. Document indépendant des autres contrats. Peut être produit à la DGFiP en cas de litige.
Chorus ProPortail BtoG
Portail gratuit dédié à la facturation entre entreprises et entités publiques (BtoG). Reste utilisé après la réforme, en complément du nouveau dispositif.
EDIÉchange de Données Informatisé
Mode d'échange direct de factures entre systèmes informatiques d'émetteur et de récepteur. Nécessite des accords préalables et des investissements logiciels importants. Utilisé essentiellement par les grandes entreprises.
ScellementGarantie d'intégrité
Procédé technique appliqué par la PA, qui garantit l'authenticité de l'origine et l'intégrité du contenu d'une facture pendant toute sa durée de conservation.
PAFPiste d'Audit Fiable
Mécanisme de contrôles documentés permettant de garantir l'authenticité d'une facture. L'utilisation d'un format Factur-X scellé électroniquement permet d'en être exonéré.
ViDAVAT in the Digital Age
Directive européenne adoptée le 14 avril 2025. Étend les obligations de facturation et reporting électroniques à toutes les transactions BtoB intra-UE à compter de 2030.
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8 raisons d'agir maintenant

Si vous deviez retenir huit arguments pour vous lancer dès aujourd'hui, plutôt que d'attendre que l'échéance se rapproche.

i
L'échéance du 1er septembre 2026 est confirmée. Plus que quelques mois pour s'organiser.
ii
L'audit et la cartographie de vos flux de facturation sont des étapes indispensables à la digitalisation.
iii
L'embarquement de vos clients et de vos fournisseurs prend du temps et nécessite de la pédagogie.
iv
Faire évoluer les compétences internes de vos équipes ne se fait pas du jour au lendemain.
v
Repenser votre stratégie zéro papier demande du recul et un peu de sérénité.
vi
La digitalisation est une nécessité au-delà de la facturation : c'est une opportunité d'ensemble.
vii
C'est une démarche européenne qui se généralise — la directive ViDA s'appliquera dès 2030.
viii
On peut dès à présent tirer profit des bénéfices de la facturation électronique : gain de temps, moins d'erreurs, meilleure trésorerie.
Discutons de votre situation

Fiducys vous accompagne, à votre rythme.

Cartographie de votre situation, choix de la plateforme agréée, mandat d'inscription à l'annuaire, formation de vos équipes, premières factures électroniques : nous vous guidons à chaque étape, en nous adaptant à votre activité et à votre calendrier.